Evasion fiscale: Les nouveaux dispositifs

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Evasion fiscale: Les nouveaux dispositifs anti évasion

Plusieurs mesures anti évasion fiscale ont d’ores déjà été prises afin d’imposer des dispositifs de transparence aux entreprises et favoriser la lutte contre l’optimisation fiscale.

Depuis 2013, les grandes entreprises françaises, leurs sociétés mères, leurs filiales et les entreprises membres du même groupe, doivent déclarer annuellement:

  • les méthodes de rémunération appliquées à leurs prix de transfert,
  • l’identification des pays où sont établies les sociétés liées avec lesquelles elles réalisent les flux.

Cette déclaration permet ainsi d’identifier la nature des opérations réalisées avec les sociétés liées et les États d’implantation de celles-ci.

Depuis le 1er janvier 2016, ces déclarations doivent être souscrites par voie dématérialisée.

Cette simplification dans les modalités de transmission de la déclaration permet une exploitation par les services de la direction générale des finances publiques (DGFIP) et un contrôle des politiques de prix de transfert des grandes entreprises.

En outre, pour lutter contre la délocalisation abusive de profits à l’étranger, il a été voté un amendement prévoyant l’abaissement du seuil de la déclaration des prix de transfert à un montant de chiffre d’affaires ou d’actif brut supérieur à 50 M€.

Cet amendement, permettra aux services de la DGFIP de renforcer leur action en matière de prix de transfert.

En ce qui concerne le dispositif de déclaration « pays par pays », le nouvel article 223 quinquies C du CGI impose aux grandes entreprises françaises, à compter du 1er janvier 2016, de déposer une déclaration annuelle comportant:

  • la répartition pays par pays des bénéfices du groupe,
  • des agrégats économiques, comptables et fiscaux,
  • des informations sur la localisation et l’activité des entités le constituant.

Issue des travaux de l’OCDE, dans le cadre du plan d’action BEPS (Base Erosion and Profit Shifting), cette obligation a pour objet de faciliter l’échange automatique et réciproque des déclarations entre les 44 États ayant signé à ce jour l’accord multilatéral d’échange de ces déclarations.

Dans le même sens, le nouvel article 1649 AC du CGI favorise les échanges d’informations financières.

Désormais, les établissements financiers doivent collecter des informations sur les comptes détenus à l’étranger par leurs clients et les transmettre à la DGFiP, sans demande préalable de celle-ci.

Les premiers échanges s’effectueront avant la fin de l’année 2017 et concerneront :

  • les revenus de capitaux mobiliers,
  • les soldes des comptes,
  • la valeur de rachat des bons ou contrats de capitalisation
  • les placements de même nature perçus à compter du 1er janvier 2016.

Le développement des échanges d’informations entre États participe également à la lutte contre l’optimisation fiscale.

Enfin, le 12 juillet 2016, les États membres ont adopté la directive UE no 2016/1164 établissant des règles pour lutter contre les pratiques d’évasion fiscale qui ont une incidence directe sur le marché intérieur.

Cette directive comporte de nombreuses dispositions de lutte contre l’évasion fiscale internationale :

  • une règle de limitation de la déductibilité des intérêts,
  • un régime d’exit tax sur les transferts d’actifs,
  • une règle relative aux sociétés étrangères contrôlées,
  • une clause anti-abus générale,
  • une mesure de lutte contre les dispositifs hybrides.